Louvain-la-Neuve

Carte Blanche #4 : Redynamiser le quartier Galilée-Biéreau?

Comment rendre une âme au quartier Galilée-Biéreau ? C'est une importante question que se posent nos partenaires de l'Association des Habitants. Ils invitent également les étudiants à la réflexion, afin de trouver des idées ensemble pour redynamiser le coeur de Louvain-la-Neuve. Pour cela, voici un petit historique de la place Galilée et du quartier du Biéreau. Remontons aux origines de la ville. 

C’est le premier quartier de Louvain-la-Neuve, organisé autour d’une galerie de boîtes postales dont on retrouve le toit de béton à côté de l’entrée du « Post ». Chacun y allait au matin chercher son courrier.

Le 20 octobre 1972, c’est sur cette place Galilée que se retrouvèrent pour ouvrir la ville les 3 composantes de base : autorités communales, représentants de l’UCL, résidents permanents et autres usagers-acteurs de la cité. « Ceux qui habitent, qui étudient, qui travaillent ». Le 2 février 1971 n’avait pas été l’inauguration de la ville mais seulement d’un des nouveaux sites académiques de l’UCL, une cérémonie interne à l’UCL comme on peut le déchiffrer sur la pierre déposée ce jour-là.

Pendant les années 70, le quartier historique fut le lieu privilégié des rencontres : une supérette, des magasins, trois banques (!), la première CIACO de LLN, six maisons communautaires de services (le CI, le Maphys-Maison des Sciences, le CSE, le Cercle des Étudiants Étrangers, le CRU, le Centre Galilée) et de nombreux appartements communautaires thématiques, qui ne s’appelaient pas encore Kots-à-Projet. Tous les groupes exerçaient aussi des fonctions urbaines, les lieux étaient fréquentés par les étudiants comme par les résidents permanents.

La première année le bébé tenait dans une « chaussette », avec un talon au niveau du CI et des orteils qui se prolongeaient vers les écoles.

Avec l’ouverture de la Place des Wallons puis du Centre-Ville, toute l’animation est tombée dans la vallée et depuis le milieu des années 80, l’UCL a investi la majorité des bâtiments, souvent pour y caser les étudiants les plus bruyants. Ce qui a rendu le sommeil nocturne très compliqué pour les autres habitants du quartier.

En cette année 2016 on constate que la Place Galilée et le haut de la rue des Wallons sont devenues des voiries que l’on parcourt à grande vitesse, des torrents d’étudiants aux heures de fin de cours, et que depuis des années les commerces qui tentent de s’implanter ont une courte durée de vie. L’ouverture du Musée L en 2017 rend urgente la redynamisation de tout l’axe qui va du Centre-Ville à la Place des Sciences en passant par Wallons et Galilée.

Et puisque notre ville vit sa « belle quarantaine » n’est-ce pas le moment de refonder Louvain-la-Neuve ? En commençant par le quartier historique posé à l’interface du terrain de l’aventure scientifique, recherche et enseignement, et de la vie en société, le vivre ensemble avec ses nouveaux défis d’économie du partage, de savoirs coopératifs, de « transitions » écologiques.

La « gestion centre-ville » a défini des projets intéressants, à partir des Halles jusqu’au bout de la Place des Wallons. Mais le haut de la Rue des Wallons et la Place Galilée comportent pas mal de friches.

Il faut d’abord renforcer les points forts présents depuis longtemps. Les activités de la Bibliothèque-Ludothèque (le tricot pour tous !) et Point-Culture, l’utilisation inventive du Post par exemple avec La Kapitale.

C’est l’occasion de développer les complémentarités entre étudiants et résidents plus permanents.

Les Kots-à-Projet ? Comment leurs thématiques peuvent-elles rester actives tout au long de l’année. On voit que déjà pour les potagers, le Repair Café, … les résidents permanents peuvent prendre le relais pendant les périodes de vacances.

Les Cercles ? Je rêve qu’ils retrouvent la richesse de leurs activités des années 60 et 70. Réflexions et visites autour des professions ? Relance des Boutiques (wetenschapswinkels, boutiques de droit, …) ? Que pourraient-elles être aujourd’hui ?

Les Régionales ? J’imagine qu’elles pourraient être un lien permanent et actif avec leurs régions. Qu’au lendemain de l’annonce sur Caterpillar une régionale ait organisé des échanges, commencé à réaliser des dossiers. Qu’au moins une fois dans l’année chacune organise une visite grand public de son patrimoine. J’imagine.

Que dans sa vocation à représenter de façon plus globale le monde étudiant, l’AGL prenne quelquefois contact avec les voisins pour percevoir comment une situation injuste est partagée, comment la faire connaître, trouver des alliés, rencontrer les réticences.

Pas seulement développer les fonctions sociales des groupes existants, pas uniquement relancer les utopies réalisables des années 70 qui n’auraient pas été menées à terme. Mais créer de nouveaux lieux, des tiers-lieux, des espaces biens-communs, en relation avec l’environnement de la Place Galilée. Le futur Musée L, les services Univers-Santé, Science infuse, …

Si LLN est une ville universitaire c’est qu’elle a vocation à produire et à partager des savoirs, formels et informels. Et, pour le quartier historique, plus précisément les savoirs scientifiques et techniques développés dans les quatre Facultés du plateau.

Quelles sont les activités d’avenir pour le quartier Galilée ? Les habitués de LLN interrogés depuis quelques mois pensent à des choses autour de la logique ressourceries. On pense à l’économie sociale, associative, coopérative. On propose de travailler la piste de la fabrication. Une expérience bien régulée existe déjà dans le quartier : le MakiLab appartenant à la grande famille des FabLabs avec imprimante 3D, découpeuse Laser, … Mais il existe peut-être d’autres choses à fabriquer comme des aménagements d’espace, du space making. Quelles petites « fabriques » dans le quartier ?

Ce ne sont que quelques idées déjà recueillies.

Pour donner les vôtres et voir les possibilités de réalisation dans le quartier Galilée-Wallons nous vous donnons rendez-vous le mercredi 7 décembre 2016 à 20 heures au local de l’Association des Habitants (entrée par le Parc au sud de la Ferme du Biéreau).

La question : comment rendre une âme au quartier Galilée-Biéreau.

Si vous ne pouvez pas être présent vous pouvez aussi envoyer vos idées à paulthielen@gmail.com. 

 

Commentaires