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Etudiants contre bourgmestre, irresponsable saga médiatique

La semaine passée, les quatre collectifs étudiants, AGL, GCL, Organe et Fede ont interpellé via un communiqué virulent le bourgmestre sur les mesures de sécurité extravagantes qu'a dû subir le Village des Enfants, alors que le marché de Noël, événement organisé par Gestion Centre Ville, ne doit manifestement pas se plier aux mêmes règles. S'en est suivi un pugilat médiatique entre collectifs et autorités.

Le 9 novembre, avait lieu sur la place de l'Université le Village des Enfants, événement ludique qui a traditionnellement pour but d'animer les enfants lors des 24h vélo.  Suite à l'annulation de ces dernières, le Village des Enfants s'est tenu indépendamment de celles-ci. En raison de la menace terroriste, la police a imposé des mesures de sécurité strictes : cadenassage de la place, appel à des services de sécurité privés et déploiement de policiers.

Les étudiants ont tout à fait le droit de s'étonner qu'un événement d'une après-midi, réunissant moins d’une centaine de personnes doive subir de telles contraintes sécuritaires. Un mois plus tard, le marché de Noël en soirée rassemble bien davantage de personnes, et donc autant de cibles potentielles — l'actualité récente ne peut que sombrement nous le rappeler — sans manifester le moindre traitement sécuritaire supplémentaire. De plus, d'un point de vue sécuritaire, quelle différence y a-t-il entre 100 personnes sur la place de l'université et 100 personnes en Salmigondis, ou au CESEC ? Si le risque est si grand, pourquoi ne pas également imposer des vigiles à l'entrée de chaque salle  d'animation ? Il est effectivement très difficile de comprendre les raisons qui ont amené la police à imposer ces mesures au Village des Enfants. On ne peut que supposer une erreur de diagnostic imputable aux forces de l'ordre, que le bourgmestre tente par ailleurs de camoufler d'une façon peu convaincante.


De l’autre côté, AGL, Organe, Fede et GCL font preuve d'une mauvaise foi insolente en accusant la Ville d'appliquer "une politique sécuritaire à deux vitesses", issue d'une "volonté délibérée de déforcer l'animation étudiante néolouvaniste". L'argument ne tient pas debout : d'une part, le Village des Enfants est le seul événement étudiant à avoir subi de telles contraintes, aucune autre activité se déroulant dans les rues de LLN n'a été restreinte (la St Martin de l'Eumavia, la course aux flambeaux du Kap Course, Gargamel Trophy du FLTR, …). D'autre part, en quoi chercher à nuire au Village des Enfants “déforcerait” l'animation néolouvaniste  ? Il s'agit justement d'une occasion de jeter des ponts entre étudiants et habitants, un événement diurne et non-bibitif, un symbole de la mixité néo-louvaniste, mixité dont le bourgmestre fait régulièrement l’éloge.

 

La réelle raison du communiqué des quatre collectifs est une animosité à peine dissimulée envers la Ville suite à l'annulation des 24h vélo. Ce communiqué n'est qu'un prétexte pour relancer leur combat par média interposé avec le bourgmestre - petit jeu auquel tous s'adonnent à coeur joie, le brouhaha médiatique issu de l'annulation des 24h n'en est que le plus récent et plus triste exemple. Cette rancoeur concernant l'annulation est d'ailleurs toujours d’actualité au sein de la population étudiante. Beaucoup tiennent toujours les autorités pour seuls responsables, alors que la réalité est bien plus complexe, comme le relate notre reportage "Annulation des 24h vélo : à qui la faute ?".

 

Il est temps de se rendre compte que ces petits jeux médiatiques ne rendent service à aucun des deux partis. Ils ne font que véhiculer une image erronée dans le reste du Royaume, l'image d'une guerre ouverte entre Ville et étudiants. Les progrès en matière de concertation réalisés ces 10 dernières années prouvent tout le contraire. Il est temps que les étudiants reconnaissent que l'annulation des 24h vélo n'était pas politique, mais était dûe à un triste concours de circonstances. En effet, le CSE Animations, principal organisateur des 24H vélo, apprenait à 1 mois de l’évènement que les contraintes sécuritaires les forçait à changer toute l’organisation. Une telle entreprise était bien entendu impossible dans un laps de temps si court, d'où l’annulation.

 

La communauté étudiante fait actuellement face à un immense chantier, qui est la réinvention des 24h vélo. Cette tâche sera résolument ardue et son bon déroulement nécessitera la bonne coopération de tous les acteurs associés au projet. Nos représentants étudiants et la Ville doivent se rendre compte que ces futilités médiatiques ne font que saper la motivation et la confiance entre étudiants, riverains et autorités. Cette collaboration est nécessaire pour tous les projets, animations et causes que nous portons et défendons. Aujourd'hui plus que jamais, la communauté étudiante a besoin d'un dialogue transparent et de bonne-foi entre collectifs et autorités, la survie de notre folklore en dépend.

 

 

Mathieu Xhonneux,
Président du kot-à-projet CarpeStudentem

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