Vie étudiante

Gueule en terre, bleu !

Ces doux mots ont résonné pendant quelques semaines dans tous les recoins de Louvain-la-Neuve, pas une rue n’a échappé à l’étalage des restes de nourriture et de taches non identifiées que sèment les hordes de petits bleus dans le sillage de leurs comitards. Mais le baptême, c’est quoi ?

Qu’on soit pour ou contre, qu’on l’ait fait ou pas, le baptême ne laisse pas indifférent. Passage essentiel du folklore estudiantin, le baptême est une entité à lui seul, avec son vocabulaire, ses détracteurs et son caractère controversé. Petite encyclopédie du phénomène.

Bleu. Le futur baptisé, l’étudiant qui souhaite rentrer dans un cercle ou une régionale. Il est par définition laid, a toujours tort et ne sert à rien. Ses parents s’inquiètent pour lui et ses amis sont impressionnés par son courage. Il a toujours le choix et peut arrêter son baptême ou ne pas participer à une activité s’il le souhaite.

Bleusaille. C’est ainsi qu’on appelle l’ensemble des activités de baptême. La bleusaille dure généralement entre trois et quatre semaines et consiste en une série d’épreuves préparées par les comitards, c’est-à-dire les anciens baptisés du cercle ou de la régionale qui baptisent à leur tour les nouveaux arrivés. La nature des activités est tenue secrète d’une année à l’autre.

Carnet de baptême. Il pend fièrement autour du cou des bleus, regroupant les services et activités nécessaires à l’obtention de points, véritables sésames du bleu.

Controverse. Le baptême n’a pas que des partisans, au contraire. Il jouit d’une mauvaise réputation hors des murs des universités et hautes écoles, ainsi que d’une grande désinformation. Humiliation, ivresse extrême et répétée, secret autour des activités, certains thèmes deviennent récurrents parmi les détracteurs du baptême estudiantin. Certains estiment que les activités proposées sont dégradantes, et que le secret qui les entoure est suspect. Le baptême est au centre de nombreuses polémiques et articles négatifs.

Jeu. Avant toute chose, le baptême est un jeu. Un jeu de rôle. La supériorité affichée de certains est tout aussi simulée que la soumission des autres. Cet aspect du baptême, pourtant central, est souvent oublié par les personnes extérieures.

Parents. Tous les parents n’ont pas les mêmes réactions à l’annonce du baptême de leur enfant. Certains, déjà baptisés, sont remplis de fierté à l’idée que leur progéniture suive leurs traces. D’autres s’inquiètent des épreuves par lesquelles leur enfant va passer, du nombre de bières qu’il va boire ou des infections pulmonaires qu’il va attraper après avoir passé plusieurs soirées par semaine dehors dans le froid de Louvain-la-Neuve.

Ridicule. Au travers des diverses activités et de l’habillement des bleus, le ridicule est au centre du baptême. Jamais méchant, il a pour but de souder les bleus entre eux et de favoriser le dépassement de soi, tout en passant outre le regard de l’autre.

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