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Humans of LLN #1 : Dans la réalité du service inscriptions

Pour inaugurer la saison 2016-2017 de Louvainfo, l’Etincelle est ravie de vous présenter son article « Humans of Louvain-la-Neuve », premier d’une longue série. Nous nous sommes penchés sur un sujet qui est au cœur de l’actualité étudiante : les inscriptions à l’UCL, devenues plus compliquées encore suite à l’adoption du fameux « décret Marcourt » ou « décret paysage », faisant polémique actuellement. Nous avons eu l’occasion de rencontrer Anne van Laethem, directrice du service. Voici son portrait. 

Etincelle : « Comment qualifieriez-vous votre quotidien au service des inscriptions ? »

Anne van Laethem : « Un enfer ! »

Malgré le fait que le mot soit grand, notre intervenante a spontanément répondu cela (sur un ton d’humour, évidemment). Les étudiants ont de plus en plus tendance à s’inscrire à la dernière minute, ce qui cause un engorgement du service des inscriptions fin septembre. Les dossiers s’accumulent sur le bureau des responsables des inscriptions. Le service est actuellement débordé, et c’est malheureusement la même chose chaque année.

La particularité de cette année 2016 c’est l’application du « décret Marcourt », qui a rendu les choses bien plus compliquées qu’auparavant. Le décret impose un bon nombre de contraintes pour les inscriptions, ce qui fait perdre beaucoup de temps au service. Au plus on perd du temps, au moins il y a la possibilité de consacrer du temps à des demandes d’inscription qui nécessitent une attention particulière. C’est un des désavantages de ce nouveau décret, qui frustre totalement la directrice du service.

E : « Quels chiffres sont pour vous particulièrement évocateurs dans le cadre des inscriptions universitaires ? »

Lorsque l’on pose cette question à Anne van Laethem, elle nous répond assez rapidement qu’en termes de nombre de responsables inscriptions par étudiants, l’UCL est la moins bien lotie. En effet, en comptant 15 personnes pour le site de Louvain-la-Neuve, et moins de 4 personnes pour Bruxelles, Saint-Gilles et Tournai, il en résulte qu’il y a moins de 20 personnes qui s’occupent d’inscrire les étudiant pour, en moyenne, 30.000 étudiants ! Cela n’en affecte cependant pas le bon fonctionnement du service ! La particularité de ce travail, c’est qu’il est très saisonnier. Logiquement, hors saison d’inscription, c’est plus calme.

E : « Quel conseil donneriez-vous aux étudiants ? »

A.v. L. « S’inscrire dès que vous le pouvez ! »

Même dès les délibés de juin les étudiants qui ont réussi peuvent déjà s’inscrire. L’avantage, c’est que l’inscription se fait rapidement. En outre, même si un étudiant normalement averti le sait probablement, il faut toujours passer par le service des inscriptions pour des questions d’admission, et non par la faculté.

Un autre conseil selon notre intervenante est, sur un brin d’humour bien sûr, de faire 18/20 à tous les cours pour réussir sans tracas ! Car, à nouveau un des désavantages du décret pointé par la directrice du service, c’est la possibilité de réussir son année universitaire avec 45 crédits sur 60. Le décret impose malheureusement un changement de mentalités : les étudiants sont de plus en plus dans une optique de réussir le minimum de crédits pour valider son année et moins de donner son maximum pour réussir au mieux son année. Cela est regrettable. Dès lors que l’on valide son année avec 45 crédits, la situation se retourne l’année suivant, où l’étudiant doit alors valider 75 crédits sur une année. L’accumulation de crédit ne correspond pas du tout au comportement que quelqu’un devra adopter dans la vie active. Les arguments académiques et pédagogiques sont bafoués !

C’est également le cas des arguments sociaux. Un exemple particulièrement évocateur c’est la possibilité de pouvoir payer le minerval d’un étudiant en deux fois (10% le 31 octobre et le reste le 4 janvier). Le problème : tout le monde peut user de cette possibilité de paiement-là, même les personnes qui sont financièrement capables de pouvoir faire le paiement en une fois. Conséquence : perte de finances pour l’université en début d’année et donc moins la possibilité d’aider les étudiants qui sont réellement dans le besoin, désirant vraiment se faire aider. L’on peut alors parler d’un décret « antisocial » voire « anti-démocratique ».

Bien que nous n’ayons abordé que les aspects négatifs et plus noirs de l’inscription étudiante, Anne van Laethem précise, le sourire aux lèvres, que 90% des inscriptions se font sans problème, qu’en principe, les gens sont charmants et que la bonne ambiance règne toujours au sein du service.

Pour en finir sur une note plus « fun », nous avons demandé à notre intervenante quelques anecdotes sur son métier. Elle ne nous a pas confié de souvenir en particulier mais seulement quelques pratiques courantes telles que des parents oppressants qui inscrivent leur enfant, sans même vraiment comprendre comment se déroule la procédure, ou encore le geste de certains étudiants, qui offrent des chocolats ou du café à la directrice.

En conclusion, le service des inscriptions de l’UCL fournit chaque année un effort considérable pour gérer au mieux les inscriptions, répondre aux questions des étudiants et prendre du temps pour des demandes d’inscriptions qui le nécessitent. C’est une tâche qui n’est pas aisée et qui est devenue plus compliquée à la suite de l’adoption du  « décret Marcourt ». Ce décret a la prétention de vouloir améliorer la vie des étudiants, régler au mieux les inscriptions et assurer au mieux la vie universitaire en général, mais il est tout de même un peu côté de la plaque. Il complique tout. Certes, il présente certainement un bon nombre d’avantages, mais dans le climat actuel d’inscription étudiante, seuls ses désavantages sont pointés du doigt. La solution la plus favorable ne serait-elle de faire marche arrière et de ne plus appliquer ce décret ?

 

Ci-contre : Photo d’une partie des responsables du service inscriptions ainsi qu’une série de jobistes.

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