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CARTE BLANCHE : Je suis incarcérée... et toi?

Attention, le Genepi débarque à l'UCL

“Ils font chier, ils m’ont pas donné ma P.S.!” Ceci n’est pas le caprice d’un adolescent à qui ses parents refusent une playstation ; c’est le cri de colère d’un détenu qui n’a pas obtenu sa permission de sortie. Ce petit moment de liberté, une journée en dehors, un peu d’air : la P.S. pour le détenu, c’est une journée où il peut être humain, échapper au système carcéral. Pour monsieur et madame tout le monde, ceux qui sont dehors, la P.S. c’est le danger : "faire sortir des détenus, mais ce sont des gens dangereux! Ceux qui sont en prison l’ont bien mérité, et il ne faut surtout pas qu’ils sortent."

 

Pour te faire comprendre l’importance d’une P.S., je vais essayer de te faire comprendre ce que c’est la détention. Imagine-toi ton kot en période de blocus. Ce moment où tu restes des heures durant assis à ton bureau à te casser la tête à intégrer des cours, où tu en a tellement marre que parfois, même l’observation d’une mouche te semble distrayant. Des heures et des heures, dans la même pièce. Et tu ne rêves que d’une chose, la fin de ce calvaire pour pouvoir retrouver les sorties entre potes. Maintenant, imagine ta chambre de kot, mais sans ton ordi, sans internet et sans GSM. Imagine que tu ne peux sortir qu’une heure par jour (et encore, si quelqu’un accepte de t’ouvrir la porte). Imagine une toilette à côté de la porte. Imagine que dans cette même chambre, vous êtes à trois, à vous partager un lit superposé et un matelas supplémentaire. Avec un peu de chance, vous avez assez de sous pour vous payer la télé, mais faut décider du programme. Et c’est comme ça, jour après jour, après jour,… Tu trouves qu’un blocus c’est long? Tu imagines ce que c’est de vivre comme ça pendant un, deux, trois ans, voir plus?

 

Je t’avoue que moi, j’arrive même pas à imaginer. Je suis déjà rentrée en prison, j’ai même pas vu une cellule, j’ai juste vu la salle de visite. Et rien qu’avec ça, quand je suis sortie, j’ai pris une grande bouffée d’air frais et j’ai été soulagée. Alors j’arrive pas à m’imaginer l’effet que ça fait de passer des semaines, voir des mois ou des années dans des conditions pareilles. Et pourtant, c’est ce que vivent un belge sur mille.

 

Si toi aussi, ça te dérange, si ça t’intrigue, que t’as envie d’en savoir plus, viens à la rencontre du Genepi Belgique lors des Journées Nationales des Prisons, du 18 au 28 novembre 2017. Des activités seront organisées partout en Belgique pour l’occasion (renseignements disponibles sur le site http://www.jnp-ndg.be/index.php/fr). A Louvain-la-Neuve, vous pourrez profiter d’une exposition “Ici tout est pointu”, dans le hall des auditoires Thomas More du 20 au 25 novembre et d’une soirée ciné-débat le jeudi 23 pour en apprendre plus sur la prison (à suivre sur la page Facebook du Genepi UCL https://www.facebook.com/GenepiUCL/?fref=ts et sur le site www.genepibelgique.be).

 

Pour le Genepi,

Mathilde Bömcke

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