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Ça sent le rou(x)ssi! Apologie des poils de carotte.

Brûlée vive, harcelée, stigmatisée des racines jusqu’aux pointes ; la population rousse en a assez  de sa rou(x)tine de target…

Que tu sois roux, aies des amis roux, fantasmes sur les bouclettes orangées (ou même si tu es vilain et te moques de ces pauvres innocents) ; viens donc parcourir leur histoire et cesse de rous(se)péter !

Pieds dans les pantoufles, cernes jusqu’aux genoux, productivité maximale de la journée se réduisant à la phase « stalkage et repérage de vidéos débiles », il est temps de faire semblant d’être utile et écrire un édito. Après un long moment de recherche d’inspiration passé à me gratter les cheveux, je découvre sous mes ongles des résidus orangeâtres, vestiges des bombes de spray capillaire constituant l’arme massive d’un weekend guides anti-domination rousse. Mon sujet me vient alors naturellement à l’esprit...

 

Cette introduction aussi détaillée qu’inutile me mène donc à grossièrement cerner les pointes et racines du phénomène roux.

 

Une question de base s’impose, absolument légitime : POURQUOI les roux (non mais franchement hein) ? [recherche Google] Après avoir lu diverses définitions bien trop compliquées pour mon cerveau non scientifique, je vous copie-colle la seule explication compréhensible dès la 1e lecture : « MC1R , ou le récepteur de la mélanocortine de type 1 [sur le chromosome 16], est le gène à l'origine des cheveux roux – il peut provoquer divers degrés de pigmentation. S'il fonctionne « correctement », les cheveux revêtent une teinte plus sombre ; s'il ne s'active pas, il en résultera une chevelure rousse. »

« Les allèles "défaillants" ne permettent pas la synthèse de l'eumélanine (pigment brun-noir) à partir de la phaéomélanine (pigment rouge-orangé), qui se trouve donc bloquée  et s'accumule en donnant la couleur rousse. Ces allèles de « rousseur » sont récessifs car, pour que le trait s'exprime, ils doivent être présents sur les deux gènes (provenant du père et de la mère) de la paire de chromosome 16. »

 

Conclusion : la rousseur est une anomalie, un échec d’allèles en somme [NB : ma fascination et ma jalousie envers les rousses provient probablement elle aussi d’une malformation cérébrale, CQFD].

 

Est-ce donc la raison pour laquelle, depuis la nuit des temps, ces pauvres rouquins se voient martyrisés, privés d’âmes, réduits à la condition de puants ou d’infâmes sorcières ?

Ces stigmatisations –loin d’être récentes- voient déjà leurs prémisses dans l’Antiquité et au Moyen-Âge, voire du temps de l’illustre civilisation égyptienne.

Symboliquement, analogue à la teinte flamboyante de l’enfer, la couleur rousse fut souvent connotée négativement et associée au vice, à la fougue et l’érotisme, à la traîtrise.

Le zoomorphisme (consistant à lier les corps ou phénomènes à des animaux) ne change guère la donne, associant la tignasse rousse à porc et au renard –allégoriquement considérés comme sales, perfides et vicieux.

Nul n’ignore non plus le tragique destin de trop nombreuses femmes rousses du Moyen-Âge, publiquement répudiées et désignées comme sorcières, vouées à se consumer sur un bûcher ou couler au fond d’un lac sous les rires et la joie d’un peuple illusionné…

 

Consciemment ou non, alors que la blonde se voit généralement associée à la maternité et la fidélité, la brune à l’aventure et au courage ; la rousse a de tous temps -et encore aujourd’hui- été la cible stéréotypée tentatrice, fourbe ou dévergondée. Nombreuses en sont les illustrations littéraires, la liste est bien trop longue pour être exposée ici !

 

Cependant, si leur chevelure arbore les mêmes nuances chatoyantes, roux et rousses ne bénéficient plus de la même réputation… Si les Ginger Women célèbres sont souvent de véritables canons de beauté : Julia Roberts, Julianne Moore, Lindsay Lohan, Isla Fisher,… nous font clairement de l’ombre, avouons-le ; le gros Ron Weasley ou David Bowie sont loin d’être aussi excitants (petite exception pour le charme du Prince Harry) ! La tendance évolue jusque dans les dessins animés, présentant les adorables Ariel ou Rebelle, et à la fois le méchant Syndrom (les Indestructibles) ou le vieux Vomito de Titeuf…

Ainsi dans notre société actuelle, la femme peu à peu s’émancipe des clichés à son sujet, alors que le pauvre rouquin en reste au stade des moqueries. Allez, la prochaine fois, on leur fera des bisous !

 

S’il en voit de toutes les couleurs (surtout l’orange quand même), attaqué par d’innombrables pages anti-roux sur facebook, le spécimen n’en est pas pour autant passif et défaitiste…

Ainsi, les œuvres et événements se multiplient : on voit aujourd’hui le « Redhead Day» aux Pays-Bas, le Ginger Festival (où les têtes auburn ou blond vénitien ne sont pas bienvenues), les Ginger Parties à Lyon ; la série Red Hot ou le projet photographique et magazine MC1R, spécialement dédiés aux roux.  

Le harcèlement n’est plus à la mode aujourd’hui, et personnellement, je trouve que les Redhead ont bien de la chance de sortir du moule : ils peuvent en être fiers ! (même s’ils n’ont pas de bol pour les coups de soleil)…

 

« Si vous êtes déjà sorti avec une rousse, levez votre verre. Sinon, élevez vos critères ! »

 

 

Sources :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Rousseur#Culture_et_soci.C3.A9t.C3.A9

http://www.lesinrocks.com/2015/03/02/actualite/lyon-des-soirees-reunissent-les-roux-un-bon-moyen-de-mettre-un-terme-aux-discriminations-11567107/

http://www.vice.com/fr/read/la-revanche-des-roux-921

http://www.slate.fr/story/16949/etre-roux-pas-si-facile

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