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Eternal Sunshine of the Spotless Mind

L’heure est enfin venue pour moi de vous partager mon film préféré, un trésor cinématographique qui laissera longuement miroiter ses rayons sur le petit monde du septième art, j’ai nommé Eternal Sunshine of the Spotless Mind.

 

C’est l’histoire de Joel et Clementine, dont l'idylle a pris fin en raison de leurs caractères trop différents et de la routine. Ne voyant plus que les mauvais côtés de leur tumultueuse histoire d'amour, Clementine a recours à Lacuna, un procédé révolutionnaire qui efface certains souvenirs, en l’occurrence ici toute trace de leur relation. Désespéré, Joel décide de suivre le même processus. Une nuit, deux techniciens s'y emploient. Mais quand le passé défile dans sa tête, Joel mesure à quel point il aime toujours Clementine…

Le film tient ses promesses à tous les niveaux. On ne peut que s’émerveiller devant la beauté de l’image et des couleurs qui symbolisent la psychologie des personnages (notamment les changements de couleur de cheveux de Clementine qui marquent chaque nouvelle étape de leur relation). Ce qui rend ce film mémorable, hormis le scénario original et le jeu d’acteur, c’est aussi la justesse de la mise en scène de Michel Gondry. La caméra épaule qui nous guide tout au long du film accentue l’instabilité des personnages et offre un côté réaliste au film. L’utilisation de la lumière permet la transition parfaite entre les différentes scènes. Mais le chef d’œuvre n’est pas uniquement visuel, il est aussi sonore. L’excellente bande-son de Jon Brion ravit les oreilles et permet de souligner l’alchimie qui existe entre les deux protagonistes. 

Le film réunit un casting de marque, avec notamment Jim Carrey, Kate Winslet, Kirsten Dunst, Mark Ruffalo et Elijah Wood. Jim Carrey est bouleversant et montre l’étendue de son talent dans ce qui, selon moi, constitue sa plus belle performance cinématographique. Loin des rôles dans lesquels on est habitué à le voir, il offre un jeu tout en sobriété, à la fois subtil et renversant d’émotions. Michel Gondry était prêt à tout pour faire ressortir la tristesse de Carrey, il a même été jusqu’à faire venir sur le tournage Ellen Pompeo pour sa ressemblance frappante avec Renée Zellweger, avec qui Carrey venait de rompre avant le tournage d'Eternal Sunshine. Pompeo a donc donné la réplique à Carrey dans quelques scènes, qui ne paraitront jamais à l’écran. Carrey en garde toujours un goût amer !

Dans Eternal Sunshine, Gondry nous raconte une histoire d'amour banale mais en même temps d'une intensité rare, avec des personnages tellement attachants de par leur antagonisme et leur authenticité. La part de science-fiction – qui fait toute la beauté du film – n’en rend pas moins réel ce puzzle sentimental. L'arrière-plan du tableau nous dépeint une situation surréaliste, irréelle et en même temps si triste et si vraie, que l'on se sent envahi de mélancolie, du début à la fin. Pari donc réussi pour Michel Gondry, Charlie Kaufman et Pierre Bismuth, scénaristes, puisque le film décroche l’Oscar du meilleur scénario original. Comme tous les films de Gondry, un seul visionnage ne suffira peut-être pas, et une seconde lecture ne sera pas de trop, d'autant plus quand le bonheur ressenti devant le film est indéniable, comme c'est le cas ici. 

Pour ceux qui tenteraient de décrypter le titre à rallonge, la traduction littérale est "l'éclat éternel de l'esprit immaculé". Un vers que le scénariste Charlie Kaufman a emprunté à un poème d'Alexander Pope dont un extrait est récité dans le film.

 

Que le sort de l'irréprochable vestale est heureux !
Le monde oubliant, par le monde oublié ;
Éclat éternel de l'esprit immaculé !
Chaque prière exaucée, et chaque souhait décliné

 

Ces vers évoquent le procédé utilisé sur Joel qui consiste à effacer de sa mémoire toute trace de sa douloureuse relation avec Clementine. Joel et Clementine n’apprennent donc pas de leurs erreurs, puisqu’à la résilience ils préfèrent l’oubli. Ceci mène le spectateur à son introspection : « Ferais-je moi aussi le choix de vivre en imbécile heureux ? ». La fin ouverte du film laisse place à deux interprétations : l’une pessimiste, l’autre optimiste. Laquelle défendez-vous ?

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