Sensibilisation

Et si les réseaux sociaux me connaissaient mieux que je me connais moi-même

Liker une page Facebook, tweeter, envoyer un message Messenger…  Autant de démarches qui donneront la possibilité à un réseau social de récolter des données personnelles qui à leur tour seront utilisées à des fins publicitaires. Une bonne partie des utilisateurs de ces réseaux ignore (volontairement ou non) l’implication de ces usages sur la préservation de leur vie privée. Précisions sur ce nouveau modèle économique dont la matière première est les données personnelles et dont vous êtes le produit.

Actuellement, Internet et les réseaux sociaux tels que Facebook, Tinder, Twitter ou encore Instagram font partie intégrante de notre vie. En contrepartie d’une utilisation gratuite de ces outils, ces réseaux peuvent récolter nos données personnelles issues de la plateforme. Tout utilisateur accepte tacitement cela lorsqu’il s’inscrit sur le réseau. La plupart des utilisateurs ne se rendent pas compte de la quantité de données qu’ils mettent à portée de main de ces plateformes sociales.

Une curieuse journaliste française, utilisatrice de Tinder depuis 3 ans, s’est demandé quelle était la quantité d’informations personnelles que le réseau a pu récolter sur elle durant ce laps de temps. Stupéfaction, ce ne sont pas moins de 800 pages de données qui ont été récoltées à son sujet par Tinder. L’ensemble des conversations qu’elle a eu avec des prétendants, ses matches, les lieux où elle se trouvait lorsqu’elle utilisait l’application, ses likes sur Facebook et photos postées sur Instagram (car les réseaux fusionnent entre eux) ont été enregistrés. La journaliste confesse qu’elle ne se souvenait pas d’une bonne partie des discussions qu’elle a eues à travers le réseau, mais Tinder, lui, s’en souvient très bien… « En lisant les 1 700 messages que j'ai envoyés sur Tinder depuis 2013, j'ai plongé dans mes espoirs, mes peurs, mes préférences sexuelles et mes secrets les mieux enfouis » raconte-t-elle dans un article publié par The Guardian. Tinder la connaissait mieux qu’elle se connaissait elle-même…

Ce constat est certes aberrant, mais inhérent à l’utilisation des réseaux sociaux. La récolte de données personnelles est au cœur du fonctionnement d’un réseau social (et c’est le contre-pied d’une utilisation gratuite). Des quantités astronomiques d’informations sur des millions de personnes sont collectées et exploitées chaque jour. Le réseau se souvient de tout, là où le cerveau humain a fait un tri et ne se souvient que de l'essentiel.

Quel est le sort des données, après avoir été collectées ? Elles sont revendues par la suite à des entreprises, à des fins commerciales ou publicitaires. Le schéma est simple : les informations que l’on donne à Facebook ou Twitter par un simple like ou tweet vont être amassées, une identité virtuelle de l’utilisateur va se construire (avec ses préférences, ses envies…), et il sera ensuite très simple de cibler les publicités ou pages qui sont susceptibles d’attirer l’utilisateur. D’où l’apparition de publicités et pages suggérées sur le fil d’actualité.

Malheureusement, il est relativement complexe de supprimer les données personnelles amassées au fil des années d’utilisation d’un réseau social. L’utilisateur perd le contrôle de ces données lorsqu’elles sont publiées. Il y a néanmoins la possibilité pour tout utilisateur de minimiser, pour le futur, le nombre de données récoltées. Par exemple, il faut songer à n’utiliser sa localisation sur son smartphone que lorsque cela est nécessaire. En outre, l’utilisateur peut modifier ses paramètres de confidentialité afin de rendre la diffusion de données la plus restrictive possible.

 

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