Sensibilisation

Tous les héros ne portent pas de cape !

Quel grandiose attribut d’un super héros qu’est celui de pouvoir sauver des vies ! En 2017, 447 héros belges ont sauvé une vie. Comment ? En permettant 1041 transplantations d’organes ! La Belgique est, en effet, un excellent élève en la matière. Cependant, même si le nombre de transplantations effectuées augmente d’année en année, la liste de personnes en attente de greffe (environ 1300) ne parvient pas à être résorbée. Information et sensibilisation sont sans nul doute les clés pour que demain,  plus d’héros encore puissent sauver une vie…

Si tout le monde a déjà entendu parler du sujet de société qu’est le don d’organe, cela reste un sujet relativement tabou (et cela se comprend puisqu’il consiste souvent en l’évocation de sa propre mort). Celui-ci, mérite pourtant d’être abordé, principalement avec ses proches. Il est en effet très important qu’ils connaissent vos désidératas en la matière. Dans notre pays, la loi en la matière est celle du consentement présumé, ou système d’opt-out. Cela signifie que toute personne décédée est donneuse potentielle d’organe excepté si elle a explicitement exprimé de son vivant son refus d’être « donneur ». Ce système permet d’augmenter considérablement le nombre d’organes disponibles. Cet opt-out est doublé d’un système de consentement explicite (qui peut être retiré à tout moment et sans justification). Depuis mars 2018, l’enregistrement en tant que donneur d’organe a été simplifié. Il est désormais possible de s’enregistrer en ligne ou chez son médecin généraliste sans obligation d’aller à la commune pour en faire la déclaration.

 

On pourrait donc se demander l’utilité d’enregistrer sa volonté de manière effective alors que de toute façon, le consentement présumé sera d’application. Cependant, en pratique, les médecins ne prélèvent jamais sur base de cette présomption. Dans le cas où, le défunt n’a pas enregistré sa volonté, les médecins contacteront les proches. Or, il arrive souvent que les proches ne connaissent pas du tout l’opinion du défunt sur le sujet. Voire même, que tout en sachant que cette personne souhaitait ou n’était pas contre le don, refuse celui en raison du choc. En effet, les prélèvements devant être réalisé très rapidement après le décès, la famille se trouve souvent dans une situation émotionnellement difficile et a souvent du mal à accepter. C’est un des problèmes actuels des prélèvements, si la plupart des gens se disent «  pro dons d’organe », il s’avère qu’une fois confronté à la réalité de la situation, leur choix est tout autre sans qu’on puisse vraiment leur en tenir rigueur.

 

Outre le don post mortem, qui constitue la majeure partie des dons d’organes effectués en Belgique, le don in vivo est également possible pour les reins, une partie foie, le cordon ombilical et la moelle osseuse. Le don a alors souvent lieu lorsqu’il existe un lien suffisant entre le donneur potentiel et le receveur (famille, amis). En 2017, 99 des 1041 transplantations étaient des dons in vivo.

 

Le don doit obligatoirement être gratuit, le corps est en effet considéré comme indisponible. Malgré la pénalisation de la commercialisation, l’Organisation mondiale de la santé estime qu’environ 10% des transplantations d’organes ont lieu par le biais du trafic. En effet, au vu de la pénurie croissante d’organe à transplanter, de nombreuses personnes désespérées tente de sauver leur vie par leur biais du trafic. Par exemple, il existe aujourd’hui un véritable tourisme de transplantation dans certains pays plus pauvres aux règlementations plus laxistes.

 

A titre d’anecdote, on peut remarquer que si pratiquement tous les pays du monde s’accordent sur l’interdiction de commercialisation, ce n’est pas le cas de l’Iran qui est le seul pays du monde à avoir légalisé (en 1986) la vente d’organe (entre iraniens). C’est par conséquent le seul pays du monde à être parvenu à équilibrer l’offre et la demande en matière d’organe. Pourtant, la victoire est bien médiocre au regard des conséquences psychologiques et financières que ces dons ont eu sur les donneurs, souvent pauvres, que la vente est loin d’avoir sorti du gouffre...

 

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