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Billet d'humeur d'un mec sur le sexisme et le féminisme

Sans faire exprès j’ai commencé un débat sur Facebook. J’aurais pas dû, je sais que c’est souvent stérile et au final ça fait que m’énerver. J’ai lu plein de trucs de mecs sur le féminisme et l’égalité homme-femme, et ça m’a vraiment irrité. Ça m’a énervé, ça m’a rendu triste et ça m’a fait chier. Du coup je me suis dit mais partage ça enfin ! Du coup voilà, je le dis : les mecs anti-féministes, ça me fait chier !

Je suis un homme. Je suis même blanc et hétéro. Donc en matière de discrimination ou d’inégalités, ça va. Je sais très bien que c’est pas à moi de parler au nom des femmes, ni à expliquer comment régler quels problèmes. Mais seulement voilà, lire des trucs qui nient l’oppression des femmes ou qui, pire peut-être, les justifient, ça me déçoit vraiment.

Les femmes sont en moyenne payées 23% en moins que les hommes, à travail égal. En Belgique, à NOTRE époque, dans NOTRE pays, 46 % des femmes ont été au moins une fois victimes de violence sexuelle grave et 25 % des femmes ont déjà été contraintes à des rapports sexuels par leur partenaire. 15% ont été victimes de violences physiques de la part de leur partenaire. En France une femme meurt tous les trois jours, tuée par son conjoint. Les femmes sont massivement victimes de prostitution ou de mendicité (en plus si elles sont sans-papiers c’est encore mieux bien sûr).

Dans la pub, au cinéma, dans la mode, on vend leur corps. On les résume à des jambes, des lèvres, des fesses, des seins. On les présente comme des ménagères ou des putes. Je sais très bien qu’on utilise aussi le corps des hommes dans la pub, et que ça met aussi des mecs mal à l’aise ou en souffrance de pas correspondre à telle ou telle norme physique. Mais ça ne s’inscrit pas dans une société dominée par les femmes, bien au contraire ! Qu’on veuille le voir ou non, nous vivons dans une société fortement marquée par le patriarcat et le sexisme.

Dans la rue, dans les boites, sur les campus, c’est les filles qu’on siffle. C’est les filles qu’on traite de pute si elle danse un peu trop comme ci ou s’habille un peu trop comme ça. C’est les filles qu’on traite de trainée si elle couche avec 5 mecs sur la même semaine.

Dès l’enfance on conditionne les filles à jouer à la poupée et à faire le ménage, tout en développant des qualités d’affection, de patience, de gentillesse. Pendant ce temps-là les garçons jouent au soldat ou à l’architecte, et on leur apprend à être des leaders, à se battre ou à ne pas se conduire « comme une chochotte ». Ha oui, forcément, comme une saloperie en cache souvent une autre, le sexisme est jamais loin de l’homophobie.

On le répète constamment mais ça perd de sa réalité tant qu’on sort pas de sa place de mec, habitué à voir fonctionner la société d’une certaine manière. Si on est né au Québec on n’a pas l’impression d’avoir un accent québécois, pourtant on en a un. C’est pas parce qu’on voit à la télé des réalités pires, comme la décapitation de femmes en Arabie Saoudite, que la situation est réglée ici.

Évidemment qu’on a légalement obtenu l’égalité. Et c’est très bien, mais après, on va où ? On laisse notre communauté comme ça ? On nie les faits, ou on s’y habitue ? On s’anesthésie lentement mais sûrement aux inégalités, aux oppressions, aux souffrances ?

Bref voilà, les mecs (ou n’importe qui en fait) qui refusent d’ouvrir les yeux, ça m’énerve. 

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