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Ce que nos larmes doivent pouvoir dire

Depuis vendredi difficile de trainer cinq minutes sur Facebook ou de discuter avec des amis sans en revenir aux attentats de Paris. La douleur est vive et la peur est légitime. Les gens angoissent, et parfois plus encore en voyant les réactions écœurantes qui pullulent dans les médias et sur les réseaux sociaux.

On peut bien sûr répéter que les réfugiés fuient exactement le genre d’atrocités qui ont frappé la France. On peut aussi vomir sur la récupération politicienne honteuse faite entre autres par l’extrême-droite, et la tribune que lui offrent les médias français actuellement. De même on peut rappeler que seuls 2% des attentats commis en Europe sont le fait de musulmans[1], ou encore se réjouir d’un rassemblement de réfugiés à Tournai dimanche soir en hommage aux victimes du terrorisme[2].

On peut faire tout cela, mais une réponse plus profonde est nécessaire. Sans prétendre être un expert d’aucune sorte, je pense qu’il est indispensable de s’interroger sur les causes de l’apparition de Daech et la meilleure façon de les combattre.

Je vois et je lis beaucoup de gens critiquer les mesures et stratégies actuelles de nos gouvernements, mais je pense qu’il est nécessaire également de présenter des pistes autres, pour ne pas tomber dans le piège classique : avec notre gouvernement ou avec les terroristes.

 

 

[1] https://ijsbergmagazine.com/breves/15391-2-pourcent-attentats-terroristes-europe-musulmans/

[2] http://m.lavenir.net/cnt/DMF20151115_00735313?utm_source=facebook&utm_medium=socialAT&utm_content=article&utm_campaign=seeding

Comment (essayer de) comprendre Daech ?

Daech existe depuis plusieurs années mais n’est réellement puissant que depuis les environs de avril 2013, où il proclame un califat sur une certaine partie de l’Irak et de la Syrie : l’Etat Islamique (ISIS : Islamic State of Iraq and Syria).

Contrairement à Al Qaïda, dont le but est d’exercer une pression politique en organisant des attentats un peu partout dans le monde, Daech vise en premier lieu à construire un « état » islamique, et donc à contrôler des territoires précis et les administrer selon son idéologie salafiste.

Les raisons de la montée de Daech sont nombreuses. L’analyse des responsabilités de tel ou tel régime, est un sujet à controverses et je me sens incapable d’y prendre une position certaine. Toutefois une idée générale du terreau de Daech peut être consensuelle si on s’y attarde avec honnêteté et intelligence.

Le régime irakien mis en place avec le soutien politique, militaire et financier des USA avec Mr Al Maliki à sa tête a mené pendant des mois une politique anti-sunnite[1] très brutale. De nombreuses manifestations pacifiques de Sunnites eurent lieu, auxquelles le gouvernement n’a répondu que par les matraques et les balles.

Parallèlement à cela, en Syrie, le régime de Bachar al-Assad a été fortement déstabilisé. Certainement un dictateur à qui on peut reprocher beaucoup de choses, Assad apportait cependant une stabilité certaine, avec un pays fonctionnel et en paix (où il ne faisait certes pas bon d’être opposant politique). Les manifestations, sans doute en partie légitimes à la base, ont été réprimées dans le sang, et des groupes rebelles armés ont commencé à se renforcer. Parmi ces groupes, de nombreuses sectes islamistes plus ou moins financées par les adversaires internationaux d’Assad : pays du Golfe et Occidentaux en tête[2].

Dans toute la région, la misère sociale est systématique, d’autant plus avec la désintégration des états préexistants. Inutile de pousser l’analyse sociologique très loin pour comprendre que si des millions de personnes se trouvent dans la misère, un discours extrémiste peut trouver un écho considérable.

Face à une misère entretenue par divers dictateurs et à des pays ravagés par la guerre où l’un comme l’autre sont largement aggravés par la politique impérialiste des Occidentaux, la radicalisation devient une solution valable pour beaucoup de Sunnites de la région.

Le rôle des pays du Golfe et le nôtre

Tout le monde le sait et on commence à l’affirmer de façon plus décomplexée aujou

rd’hui : les pays du Golfe, Qatar et Arabie Saoudite en tête, 

financent massivement et depuis longtemps ces groupes terroristes.

L’enjeu de l’Irak et de la Syrie intéresse évidemment toutes les puissances de la région, et chacun finance son camp. De la même manière, l’Iran, à majorité chiite, soutient depuis longtemps le régime de Assad.

Et quid de nous dans tout cela ? Citons l’ex-juge d’instruction au Pôle antiterrorist

e Marc Trevidic : « On adore les fondamentalistes religieux 

s'ils sont libéraux économiquement. 

Et c'est comme ça depuis des années, c'est leur crédo ! C'est super, les Saoudiens, c'est super le Qatar, parce qu'ils commercent, c'est tout ce qui nous intéresse».[3]

« La différence entre un salafiste saoudien bien éduqué et un salafiste déviant est considérable. Tous les deux ont la même conception rigoriste de l’islam, la même pratique religieuse et veulent l’application de la charia sur la terre entière, mais tandis que l’un nous vend du pétrole et nous achète des armes, l’autre pose des bombes ».

Pas plus tard que le 16 novembre, les Etats-Unis concluaient une vente d’armes pour 1,3 milliard de dollars avec l’Arabie Saoudite[4], et le mois passé le Premier Ministre français Manuel Valls se félicitait du même genre de contrat encore avec l’Arabie Saoudite[5].

Lord Palmerston, homme politique britannique du XIXème siècle déclarait « nous n’avons pas d’alliés éternels ni d’ennemis permanents, mais des intérêts éternels et permanents ». L’Occident finance donc, en fonction de calculs géopolitiques plus ou moins corrects, des groupes qui passent un jour hors de leur contrôle et deviennent leurs ennemis. En parallèle, il n’hésite pas à commercer avec les pays finançant ces mêmes ennemis. Comme disait le poète Paul Valéry « la guerre est un massacre de gens qui ne se connaissent pas, au profit de gens qui se connaissent mais ne se massacrent pas ».

A qui Daech vend-il son pétrole ?

Avec les territoires conquis, Daech contrôle maintenant d’importantes réserves de pétrole, dont il se sert pour financer ses activités.

Une petite phrase de l'ambassadrice de l'Union européenne en Irak Jana Hybaskova met la chose en perspective. : L’ambassadrice a déclaré que " des Etats membres de l'UE achètent ce pétrole. […] Je ne peux pas partager avec vous cette information. Ce n'est pas une information publique », en refusant de répondre à d’autres questions[6][7].

Si le pétrole est vendu, c’est qu’il sort du territoire de Daech. La responsabilité portée par la Turquie du Président Erdogan est alors évidente. Même si la simple corruption peut exister, la perméabilité de la frontière avec la Syrie et l’Irak s’explique aussi par des calculs politiques.

Erdogan est en réalité plus préoccupé à combattre les forces Kurdes (qui se battent contre Daech depuis maintenant 3 ans) et de faire tomber Bachar al-Assad que de combattre l’Etat Islamique. Comme le rés

ume Jana Jabour, enseignant à Science Po à Paris « la Turquie a favorisé l'émergence de Daech avec pour objectif l'affaiblissement de Bachar Al-Assad dont Erdogan s'est désolidarisé après le soulèvement de la population ». Dans un jeu électoraliste où Erdogan renforce son autorité en brandissant la « menace terroriste kurde », le véritable ennemi des Turcs comme des Européens, Daech, se renforce depuis des années.

La Turquie est un pays membre de l’OTAN et allié de longue date de l’UE et des USA, et reçoit rég

 

ulièrement des aides financières et techniques sur les questions militaires. Les condamnations ne se sont faites qu’à demi-mots et avec des déclarations timorées. Aucune politique de pression réelle n’a été entreprise par qui que ce soit envers le gouvernement turc.

La stratégie de Daech

Appréhender les plans des dirigeants de l’Etat Islamique est douteux et incertain. Cependant, une bonne partie de leur vision est absolument admise par les experts internationaux, et théorisée dans leur « Manifeste »[8] rédigé par les intellectuels de du mouvement salafiste.

L’objectif est de faire se « soulever » les populations musulmanes du monde entier, afin de les faire rejoindre Daech et ainsi combattre un Occident jugé anti-islamique, satanique et en guerre perpétuelle contre le monde musulman.

A ce titre, il est intéressant de constater que la France n’est pas attaquée parce qu’elle est « laïque » (si tant est qu’elle le soit) ou une démocratie. Si c’était le cas comment expliquer que des pays comme la Suède ou la Suisse ne soient pas frappés ? En réalité, c’est la politique étrangère de la France qui est visée par les terroristes, et non notre « mode de vie » ou notre « culture ».

Marc Trevidic le résume ainsi : « La France est devenue l'allié numéro un des Etats-Unis dans la guerre contre Daech et les filières djihadistes. Nous combattons par les armes aux côtés des Etats-Unis. Nous avons mené des raids aériens contre l'EI en Irak. Maintenant, nous intervenons en Syrie. De plus, la France a un lourd «passif» aux yeux des islamistes. Pour eux, c'est toujours une nation coloniale, revendiquant parfois ses racines chrétiennes, soutenant ouvertement Israël, vendant des armes aux pays dits «mécréants et corrompus» du Golfe ou du Moyen-Orient. Et une nation qui opprimerait délibérément son importante communauté musulmane. Ce dernier argument est un axe de propagande essentiel pour l'Etat Islamique. »[9].

Scott Artan dans un article du Guardian résume le constat « plus grande sera la réaction contre les musulmans en Europe et plus profondément l’Occident sera impliqué dans des actions militaires au Moyen-Orient, plus contents encore seront les leaders d’SIS. Parce qu’il s’agit de la clef de leur stratégie : trouver, créer et gérer le chaos »[10].

Créer le chaos et la désintégration des institutions existantes dans le monde arabe, et favoriser le schisme entre populations musulmanes et non-musulmanes en Europe, voilà comment on pourrait résumer la stratégie de l’adversaire. Comment répondons-nous à cela ?

Comment luttent nos gouvernements ?

Depuis 2011, la « guerre contre le terrorisme » dans seulement trois pays (Afghanistan, Pakistan et Iraq) a entrainé la mort d’au moins 1,3 millions de civils, sans compter la destruction quasi-totale de nombreuses infrastructures et conditions de vie (chômage au plus haut, hôpitaux et écoles massivement détruits etc.)[11].

Des bombardements entre autres par la France quelques jours à peine après les attentats illustrent la tactique suivie actuellement : renforcer les frappes militaires et l’implication des armées occidentales au Moyen-Orient. Ainsi se félicitent les éditorialistes de salon et les dirigeants européens, on bombarde Racca, capitale de Daech. Il s’agit en effet d’un point stratégique pour Daech, mais aussi d’une ville où vivent, sous la terreur du gouvernement de l’EI, plusieurs centaines de milliers de civils. Engranger plus d’orphelins, plus de veufs, plus de morts va-t-il réellement affaiblir l’EI ? Les stratèges habiles de Daech sont-ils à ce point déconnectés de toute réalité qu’ils ne prévoyaient pas qu’il s’agirait de la réponse occidentale ? Sommes-nous réellement en train de tomber dans le panneau de nos adversaires ?

Albert Einstein disait que « la définition de la folie, c’est faire sans cesse la même chose et d’espérer des résultats différents ». Mais constater l’inefficacité d’une politique ne suffit pas à dessiner les traits de ce qu’il faudrait faire.

Que faire ?

La première réaction, qui parait la plus naturelle et efficace serait évidemment de couper tout contrat avec toute organisation ou état en lien avec les terroristes. Et arrêter immédiatement tout contrat commercial, en particulier en matière d’armement. L’énoncer est simple, et pourtant aujourd’hui seule la Suède a choisi cette voie[12].

De même, une condamnation sévère de l’attitude de la Turquie est primordiale. Pas une critique entre les lignes sur un plateau télé, mais une vraie rupture économique et diplomatique comme moyen de pression.

En second lieu, il est impératif d’arrêter les implications militaires dans la région. Les échecs répétés de toutes les interventions précédentes devraient servir de leçon. Au lieu de bombarder des villes en prétendant, comme on le fait depuis 50 ans, utiliser des « frappes chirurgicales », il faut arrêter cette spirale qui ne fait que créer plus de sentiment anti-européen dans le monde arabe.

Comme l’affirme Dominique de Villepin, ex-Premier Ministre français, l’offensive avec des frappes aériennes actuelles « nous met beaucoup plus en danger, c'est une évidence »[13] ou encore « Tout ce que nous savons de ce type de guerre menée depuis l'Afghanistan a conduit à l'échec. »[14]. Après 15 ans, les Etats-Unis sont toujours embourbés en Afghanistan et les talibans y sévissent toujours. Comme l’a dit B. Hellings[15], il faut réfléchir avec son cerveau et pas avec ses tripes.

Troisièmement, montrer les muscles en faisant stationner des centaines de militaires dans les rues n’a rien de réellement efficace. Cela rassure. Ça me rassure si je passe devant la Bourse ou si je visite la Grand Place, c’est vrai. Mais être rassuré ne me met pas plus en sécurité. Ce que réclament réellement les enquêteurs qui travaillent sur ce genre de réseaux, ce ne sont pas des hommes avec des mitraillettes dans la rue, mais des juges d’instruction, des experts informatiques, des inspecteurs qualifiés.

Mais forcément, c’est moins sexy, moins vendeur. Rappelons que même les organisations de militaires et de policiers se rendent compte de l’inefficacité de ces mesures et se sont opposées à leur application[16]. De même pour les nombreuses lois de surveillance, révisions constitutionnelles et autres mesures liberticides découlant par exemple de l’état d’urgence décrété en France « C’est confortable pour un gouvernement, dangereux pour la société»[17]. Contrôler la presse va-t-il réellement nous protéger du terrorisme ? Il est permis d’en douter.

Le plan Vigipirate de surveillance et de sécurité en France était au maximum depuis les attentats de Charlie Hebdo, pour quelle efficacité ? Malgré un coût considérable (~1 million d’€/jour[18]) et un niveau d’alerte maximal, rien n’a pu être évité.

Ceux qui s’opposent aux Rambo dans la rue ou à des services secrets tout puissants sur le modèle de la CIA se font qualifier d’utopistes, d’inconscients ou simplement d’idiots. Pourtant l’analyse réelle des rapports de terrain ne fait que conforter à la fois l’inutilité de ce qui est fait, et l’utilité de ce qu’on pourrait faire en matière de prévention.

Le terrain de recrutement en Europe est celui de jeunes sans avenir, désocialisés, qui perdent peu à peu tout lien social et stabilité psychologique. Comprendre cela ne sert pas à déculpabiliser qui que ce soit, mais à être plus efficace. Molenbeek, pour mettre les pieds dans le plat de la polémique, est la commune la plus pauvre de Belgique. 50% des jeunes sont au chômage, 30% des appartements n’ont pas de sanitaire, les crèches et écoles sont sous-financées chroniquement depuis vingt ans[19].

Alors allons-y ! Comme le déclarait le Ministre Jambon (NVA) : occupons-nous de Molenbeek ! Allons agir là où tous les experts crient qu’il le faut : sur la prévention. Investissons dans des services sociaux réels, éradiquons la misère qui habite les rues, ouvrons des maisons de jeunes, payons des psychologues et des assistants sociaux, construisons des écoles. Soyons sérieux, mettre des policiers dans les rues n’empêchera personne de se radicaliser. Éradiquer le terreau de cette radicalisation, nous le pouvons.

Est-ce réaliste ?

L’argument que j’ai pu lire énormément ces derniers temps par des gens fondamentalement d’accord avec moi était que oui, les causes réelles sont là, oui ce qu’on fait actuellement est au mieux inefficace au pire contre-productif, mais les gens ne veulent pas autre chose. Les gens veulent du visuel, de l’action, que le gouvernement montre les muscles.

Je crois que c’est une erreur. Imaginons un instant un gouvernement sérieux et sincère.

La barbarie frappe notre pays. Après le deuil, l’action. Le gouvernement rencontre et écoute des experts. Plutôt que d’inviter Marine Le Pen au JT de France 2, on invite des professeurs de géopolitiques et des enquêteurs de terrain.

En ayant compris cela, on agit intelligemment. On arrête tout contrat avec l’Arabie Saoudite et le Qatar, on menace de fermer les ambassades. Des fonds sont débloqués, pas pour entretenir la psychose dans chaque rame de métro, mais pour combattre le terrain fécond du djihadisme : écoles, maisons de quartiers, centres psycho-sociaux, logements décents, emplois… Des enquêteurs respectueux des lois qui protègent encore nos libertés et notre démocratie sont formés, les juges d’instruction reçoivent les moyens humains qu’ils demandent.

Sur le plan diplomatique, moins de russophobie et un dialogue un minimum sincère avec les autres forces de la région est nécessaire, avec comme objectif commun de faire tomber Daech. 
Le rôle des forces kurdes dans cette guerre est considérable, et jusqu'à présent on a laissé un pays membre de l'OTAN (la Turquie) les bombarder sans lever le petit doigt.

Un leader politique qui entreprendrait une courageuse politique antimilitariste en rompant tout contrat de ventes d'armes douteux, en arrêtant tout commerce avec des pays impliqués, qui parallèlement entame une vaste politique de déradicalisation dans les quartiers sensibles, une politique sociale dans les banlieues à risque et investit des moyens considérables pour engager des juges d'instruction compétents plutôt que placer des soldats dans la rue et des bombardiers dans le ciel: oui je crois que les gens y verraient l’efficacité et l’intelligence.

Naturellement, il s’agit d’une attitude à cent-milles lieues du discours nauséabond de la quasi-totalité des partis politiques, qu’il s’agisse du va-t’en guerre « socialiste » Hollande ou du gouvernement MR-NVA que nous connaissons chez nous.

Nos morts méritent mieux que les faquins qui nous gouvernent. Nous pouvons donner un sens à leur mort en évitant que d’autres ne suivent. Nous le pouvons, donc nous le devons.

 

 

[1] Couran religieux majoritaire de l’Islam, mais minoritaire notamment en Irak et en Iran, où le chiisme prédomine.

[2] Rappelons s’il le fallait encore que les USA n’ont pas hésité par le passé à financer les Talibans en Afghanistan pour lutter contre les Soviétiques, ou encore la branche libyenne d’Al Qaïda lorsque celle-ci permettait de combattre Kadhafi.

[3] http://www.francetvinfo.fr/faits-divers/terrorisme/attaques-du-13-novembre-a-paris/video-marc-trevidic-l-etat-islamique-ne-reve-que-d-une-chose-c-est-d-attaquer-la-france_1174949.html

[4] http://www.rtbf.be/info/monde/detail_washington-autorise-la-vente-de-bombes-a-ryad-pour-1-3-milliard-de-dollars?id=9138593

[5] http://www.france24.com/en/20151012-france-valls-riyadh-sign-armaments-deal-airbus

[6] http://www.humanite.fr/blogs/des-pays-de-lunion-europeenne-achetent-du-petrole-aux-barbares-552824

[7] http://www.huffingtonpost.fr/2014/10/11/daech-petrole-etat-islamique-marche-petrolier_n_5964614.html

[8]: The Management of Savagery/Chaos, a tract written more than a decade ago under the name Abu Bakr Naji

[9] http://www.parismatch.com/Actu/Societe/La-France-est-l-ennemi-numero-un-de-l-Etat-islamique-837513

[10] http://www.theguardian.com/commentisfree/2015/nov/15/terrorists-isis?CMP=fb_gu

[11] http://www.lesoir.be/842738/article/actualite/monde/2015-04-04/13-million-morts-vrai-bilan-guerre-contre-terrorisme-infographie

[12] http://www.lemonde.fr/europe/article/2015/03/10/la-suede-met-fin-a-sa-cooperation-militaire-avec-l-arabie-saoudite-au-nom-des-droits-de-l-homme_4591005_3214.html

[13] http://www.francetvinfo.fr/monde/proche-orient/offensive-jihadiste-en-irak/quels-sont-les-arguments-des-opposants-a-l-intervention-francaise-en-irak_706073.html

[14] http://www.francetvinfo.fr/faits-divers/terrorisme/attaques-du-13-novembre-a-paris/video-quand-dominique-de-villepin-s-opposait-a-la-guerre-contre-l-etat-islamique_1179957.html

[15] http://www.benoithellings.be/know-your-enemy/

[16] http://www.lalibre.be/actu/belgique/l-armee-dans-la-rue-cela-se-precise-54b6b2a53570c2c48ad0e12b

[17] http://www.parismatch.com/Actu/Societe/La-France-est-l-ennemi-numero-un-de-l-Etat-islamique-837513 Marc Trevidic

[18] http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2015/02/08/97001-20150208FILWWW00061-le-plan-vigipirate-coute-1-millionjour-le-drian.php

[19] « Young inhabitants, often with Muslim backgrounds, do not get the same chances in the labour or housing market, and testify how in their everyday lives they are confronted with racism. They have the perfect profile to be prone to radicalisation. If the Belgian state had put more effort into integrating migrant communities, the potential for radicalisation would be significantly smaller today. » http://www.theguardian.com/commentisfree/2015/nov/17/terrorists-belgium-paris-attacks?CMP=fb_gu

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