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Des shows et débats

Les élections présidentielles américaines ont toujours apporté une sorte d’agitation mystique. Elles suscitent une attention que même les élections européennes, nous impactant pourtant davantage, n’arrivent pas à obtenir. Et chaque année, après le florilège d’articles représentant les “bons démocrates progressistes qui nous ressemblent” et les “mauvais républicains conservateurs qui puent le redneck”, arrive le premier débat entre les candidats à la maison blanches.

1. Le SHOW plus fort que la politique

En tant qu’ancien présentateur de télé réalité (la grande classe pour un futur président, que fait Benjamin Castaldi pour 2017 ?), Donald sait comment manier la caméra. Armé de son arme favorite, aka sa sublime moumoute, qu’il fait trémousser à chaque réplique, Mister Make America Great Again a joué au showman en attaquant Clinton à chaque incursion possible. L’ex-secrétaire d’Etat n’a, elle non plus, pas pu s’empêcher quelques petites punchlines bien placées. Si on en fait une compil, on se croirait presque dans un rap contender.

2. Clinton garde son calme, Trump moins

Trump est apparu plus posé sur la forme, mais a perdu de sa consistance au fil du débat pour revenir à son état naturel, c’est-à-dire un excité qui enchaîne critique sur critique, remarque sur remarque sans rien amener de bon ou de constructif : “l’Amérique va mal, c’est la faute au méchant Mexique” blablabla, pas très positif le mec. Clinton, par contre, est plus concrète : pas trop de chichis ni de fanfaronnades, elle s’est contentée d’énoncer son programme et de maîtriser le débat. Une chose que Donald ne semble pas très bien connaître. Pour faire court, Trump a monopolisé 62% de la parole et, au final, n’a pas dit grand chose de très clairvoyant.

3. Une histoire de tempérament et d’endurance

Donald Trump s’est une nouvelle fois vanté de son fameux tempérament qui ferait de lui un président si charismatique (on a quand même un doute là-dessus). Clinton a répliqué un petit “wow, ok” bien placé en guise de réponse. Le républicain a aussi attaqué sa rivale sur le fait qu’elle n’avait pas “le look” ni la “force mentale” pour le rôle de président. Ce à quoi elle s’est empressée de répondre: “Dès qu'il sera parti dans 112 pays négocier des accords de paix, la libération de dissidents ou qu'il aura subi onze heures de commission d'enquête, il pourra me parler de force mentale”. Et toc.

4. “You know what else I’m prepared for? To be President”

Trump a joué la carte du mec impulsif qui fait tout au talent et qui a le talent pour faire tout. Il critique d’ailleurs le fait que Hillary Clinton se serait préparée pour le débat. Une mauvaise idée que Clinton s’est empressée de rappeler au milliardaire: “Oui, j’ai préparé ce débat, et vous savez à quoi d’autre je me suis préparée ? À être présidente”. Touché.

5. Clinton et ses mails, Trump et ses impôts

Lors du débat, les deux candidats ont ressorti leurs bonnes vieilles recettes de campagne : “Elle là-bas, elle nous a pas montré tous ses mails”, “Et lui, il a pas déclaré ses impôts”. A voir ces gamins qui se chamaillent en cour de récré, on aurait presque envie de les foutre au coin. N’empêche que ce grabuge nous rappelle que chacun des candidats a de quoi se faire gronder. Clinton, elle, a utilisé sa messagerie privée plutôt que celle du gouvernement lorsqu’elle était secrétaire d’État. Rien d’illégal, mais sa boîte mail privée était moins bien protégée et l’Etat ne pouvait archiver ses documents, ce qui aurait été nécessaire pour une parfaite transparence. Depuis ce reproche, elle a rendu public environ la moitié de ses 65 000 mails, mais l’autre partie reste dans l’ombre et, de ce fait, est susceptible de cacher des mails qui la gêneraient dans la course vers la victoire. Trump n’a, quant à lui, toujours pas publié sa déclaration fiscale, ce que font tous les candidats par souci de transparence. Cacherait-il un récent voyage au Panama?

 

Au terme du débat, Trump dit que Trump a gagné, Clinton dit que Clinton a gagné et Jill Stein et Gary Johnson estiment que la démocratie a perdu. Les deux derniers se présentent en tant que candidats indépendants et n’ont pas eu le droit à la parole. Difficile pour eux de se faire entendre entre les braillements des deux mastodontes, déjà que personne ne les connaît. Mais qu’ils ne s’attristent pas trop : selon les experts, le débat n’a que très peu d’influence sur le résultat final, il fera tout au plus varier les sondages des prochains jours.

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