Louvain-la-Neuve

Un Macbeth

 En ce mois de février, l’Atelier Théâtre Jean Vilar a démarré en grande pompe l’année 2020 en donnant en représentation « Un Macbeth ». Mélangeant tradition et innovation, le metteur en scène Guy Theunissen a su allier la morale du passé et la signification liée à l’actualité. Voyage à travers les âges, le monde et les cultures, le spectateur se retrouve sur le chemin d’un véritable périple intellectuel. 

Guerrier victorieux, prédit à une brillante destinée par trois sorcières, Macbeth est un classique connu de tous. Poussé par son ambition et sa femme, il commet le régicide et une fois la première goutte de sang versée ne recule devant rien pour conserver le trône qu’il a acquis. Assassinat de son meilleur ami et autres monstruosités en tout genre transforment Macbeth de noble seigneur à tyran sanguinaire, jusqu’à sa chute finale. Son ambition, dépourvue de toute morale, motivée par son intérêt personnel, n’amène qu’à un pouvoir corrompu, destructeur et incapable de bénéfices pour quiconque. 

 

  Toutefois, l’on ne peut pas simplement ramener cette adaptation à l’histoire originelle de Macbeth. Elle va plus loin dans le message qu’elle transmet aux spectateurs et donne un nouveau sens à la morale critique de l’ambition criminelle de certains. En effet, Guy Theunissen place ce chef d’oeuvre dans le monde actuel en y intégrant une multiculturalité à la fois dans les acteurs, les musiques, costumes ou décors. Cette pièce, originellement écossaise, est mêlée d’influences africaines, principalement par les biais de la musique et de la danse. Cette diversité culturelle donne un aspect de mouvement constant et rapide entre les différentes scènes, entrecoupées par ces mélanges divers.

 

   Il n’est pas forcément aisé de le remarquer au premier abord mais les jeux de trahison, les machinations politiques, le meurtre de son meilleur ami Banquo par Macbeth, font référence à la conspiration de Mobutu pour éliminer Lumumba. A travers cette approche historique des évènements, cette adaptation semble vouloir faire office de commémoration d’un sombre passé, peut-être dans l’espoir que cela ne se reproduise pas. 

 

  Au final, l’on peut dire que ce Macbeth, un de plus dans la longue liste de ceux qui l’ont précédé, a réussi à prendre un nouveau sens et à placer le texte de Shakespeare dans notre siècle par sa mondialisation. Néanmoins, comme pour nombre d’adaptations, il est plus que nécessaire d’avoir préalablement lu l’oeuvre de Shakespeare et compris le sens originel de ses lignes. Sans cela, il devient compliqué de suivre les différentes scènes et le spectateur peut rapidement être égaré dans les méandres de l’incompréhension.

 

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