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Un mode de vie insolite à Louvain, c’est possible.

Nous sommes en 2014 après Jésus-Christ. Tout Louvain  est occupée par les promoteurs immobiliers... Tout? Non! Un petit quartier d'irréductibles Néo-Louvanistes résiste encore et toujours à l'investisseur. Et la vie n'est pas facile pour les 4 autres quartiers (Biéreau, Bruyère, Hocaille, Lauzelle) qui subissent l’assaut des bétonneuses depuis 4 décennies.

Il y a en effet à Louvain-La-Neuve un quartier qui résiste à une urbanisation contrôlée et qui fait place à un habitat alternatif et communautaire.  Tu ne vois toujours pas ? Il s’agit de la Baraque.

 

Voici un bref historique du quartier :

 

À l'origine, le hameau de La Baraque, idéalement situé à mi-chemin entre Bruxelles et Namur, faisait office de relais.

 

Lors de l'installation de l'Université catholique de Louvain à Louvain-la-Neuve, en 1972, le quartier de La Baraque, seul hameau existant sur le site d'implantation de l'université, était destiné à la démolition. Quelques habitants, résistant à la pression de l'université, refusèrent l'expropriation. Ne voulant pas quitter leurs maisons ils s’opposèrent à la politique d'urbanisation de la ville qui prévoyait de tout démolir et de bâtir du neuf.Ils furent vite rejoints par des étudiants en architecture qui y voyaient une opportunité de mode de vie influencé par le courant post 68.

 

C'est ainsi que sont apparues les premières "habitations". Il s’agissait d'anciennes roulottes foraines, de bus, de caravanes, de cabanes en matériaux de récupération (anciennes serres à raisin, parpaing de béton, bois, verre, Eternit, terre, paille ), de géode. Ces habitats insolites après avoir été vaguement tolérés, furent finalement autorisés et le quartier de la Baraque bénéficia d'un statut spécial, "zone d'habitat en expérimental", ce qui lui permit d'échapper à certaines règles d'urbanisme.

 

En 1980 une des zones "expérimentales", zone dite "du Verger", fut récupérée par l'Université en vue d'y réaliser des habitations sociales. Les occupants migrèrent vers une nouvelle zone, dénommée "le talus". Dès cette époque un petit élevage artisanal de moutons revit le jour dans le hameau à l'initiative d'habitants du Talus. 

 

Fin des années quatre-vingt le quartier de la Baraque participa au concours qualité village organisé par la Fondation Roi Baudouin, il y obtint une "mention".

 

En 2000 le vieux hameau s’adjoignit un nouvel ensemble d'habitations, dit "la boucle des métiers". Deux activités collectives se perpétuent chaque année au fil des décennies, pour la plus grande joie de ses habitants, la fête annuelle (fin juin début juillet) et la fabrication artisanale du cidre (en septembre).

 

Ce qu’on peut y retrouver :

 

Le quartier compte une  maison de quartier (le bar du zoo) où se retrouvent tous les habitants. C’est un lieu convivial et d’échanges. C’est notamment là que se prenne les décisions. Une règle est définitive lorsque tout le monde est d’accord.

 

On y retrouve aussi un magasin bio (la Fattoria) dans lequel se vendent notamment en vrac les légumes, fruits et oeux produits à la Baraque.

 

Mais aussi, un atelier protégé, un groupe d'artisans (sculpture, danse, théâtre,...), deux crèches, une maison franciscaine, un atelier de restauration de meubles anciens…

 

En dehors des serres individuelles, le quartier possède également un jardin potager collectif dans lequel sont cultivés des légumes, des fruits et des fleurs. Mis à part cet aspect agricole, les habitants du quartier pratiquent aussi un élevage de proximité: des moutons, des chèvres et des poules fournissent du lait, des œufs et de la viande.

 

Les habitations souvent auto-construites, fourmillent de réalisations originales faisant une bonne place aux techniques propres à ce que l'on appelle aujourd'hui le développement durable. Ils ont été en ce sens des précurseurs.

 

Les objectifs initiaux qui guidèrent le développement de ce quartier sont :

·         L'auto-construction,

·         La réappropriation du temps et de l'espace,

·         La vie communautaire,

·         Le faible coût de fonctionnement,

·         La gestion collective.

 

Les habitants du quartier de La Baraque se dénomment eux-mêmes "baraquis", non sans une note de dérision et pour moquer l'étroitesse d'esprit de ceux qui désignent généralement en Belgique par ce vocable une population de démunis aussi bien en termes de savoir que de richesse.

 

En 2014 le quartier de la Baraque (dit aujourd'hui "le vieux quartier") a fêté ses 40 ans !

 

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